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16/09/2019 FFSA

Victoire historique d'un SSV aux 24 Heures Tout Terrain de France !

À l'issue d'une 27e édition qui s'est parfaitement déroulée, l'équipage franco-belge Sébastien Guyette-Pascal Mercier-Maxime Fourmaux s'impose avec son Can Am X3, une grande première pour un SSV dans une épreuve de 24 Heures.

L'Équipage Sébastien Guyette-Pascal Mercier-Maxime Fourmaux, vainqueur des 24H Tout terrain de France © Forcing

« Cette victoire est la magnifique conclusion d'une belle saison », jubilait Pascal Mercier, pilote et team-manager âgé de 60 ans et qui court en autocross et rallycross depuis l'âge de 16 ans ! «C'était un pari de s'élancer aux 24 Heures avec notre toute nouvelle auto, la version 2020 du Can Am X3, que nous avons préparé en onze jours. Avec mes deux autres équipiers, notre tactique a été d'économiser la mécanique. Sébastien Guyette est un fin pilote, quant au jeune Maxime Fourmaux (29 ans NDLR) qui dispute le championnat de France des rallyes tout-terrain sur son propre SSV, il est également très affuté. Maintenant, notre prochain objectif est de préparer trois SSV pour le Dakar... »

Sur la deuxième marche du podium, on retrouve un autre SSV parmi les 16 ssv présents cette année au milieu des 78 voitures engagées, le Can Am n° 12 du team Autosport Compétition piloté par Xavier Alibert-Laurent Guillot-Joël Labille. « Notre objectif était de défendre notre deuxième place au championnat, objectif réussi avec en prime une deuxième place au scratch inespérée. »

Enfin le podium est complété par le Mitsubishi Pajero de Igor Skoks-Rudolf Skoks et Arvis Pikis, des lettons fidèles de l'épreuve, qui remportent la catégorie T1A3.

Autre victoire, celle du premier 4x4 de série, le Toyota KZJ n° 94 Etruscan Racing qui s'impose en T2B : «Si la victoire au championnat devrait revenir à l'équipage du n° 106, cette 14e place finale ainsi que la victoire en T2B a été très stressante jusqu'au bout. Cette édition fut épuisante, mais elle restera comme un bon souvenir », conclut Patrick Paronneau, le patron du team.

 

Le « stadium » des 24H TT : le plus grand circuit éphémère de France

Pour la quatrième fois consécutive sur les vingt-sept que comptent l'épreuve, la commune Seine et Marnaise de Fontaine-Fourches s'est dôtée d'un magnifique circuit construit puis démoli pour l'occasion par Sofrat, le partenaire principal de la course : 7,3 kilomètres de piste permettant des dépassements sur la totalité du développé.

Une ligne des stands de 500 mètres délimite le gigantesque paddock qui domine ce « Stadium », permettant à toutes et tous une visibilité de 95% du circuit, un régal pour suivre la course !

 Victorieuse de l'Africa Race 2018 avec Jean-Pierre Strugo, l'équipe MD Rallye Sport aligne un superbe buggy pour ce dernier, grand amoureux des 24 Heures. « C'est notre châssis habituel, avec son moteur V8 Chevrolet de 7 litres. Son grand empattement n'est pas idéal face aux petits buggys, mais je compte sur la sagesse de notre équipage pour savoir faire une course d'attente et obtenir un bon résultat », explique le vainqueur de l'édition 2002.

Autre tête d'affiche croisée dans le paddock, Christian Lavieille – pilote officiel Toyota Auto Body, mais aussi de l'équipe chinoise Great Wall – participe aux 24 Heures sur un Can Am X3 : « C'est un bon entrainement pour eux et pour moi» commente Christian Lavieille, « et c'est aussi l'occasion de partager le volant avec des amis. » Car en plus de ses multiples casquettes, Lavieille est également « pilote référent » pour la marque Can Am.

Quant au n° 6, sur lequel on retrouve notamment Mathieu Serradori (vainqueur de l'Africa Race 2018) ainsi que le pilote Qatari Adel Abdulla, il est propulsé par un bloc essence V8 de 3,6 litres provenant d'un Porsche Cayenne. Un bloc pratiquement de série et développant plus de 300 chevaux...

 
Les essais : Cyril Despres (buggy MD Rallye Sport n°26) signe le meilleur temps

Ce samedi matin a vu Cyril Despres, pilote de l'équipe MD Rallye Sport se mettre en vedette. Auteur du meilleur temps (4'40'' - précisons que les essais chrono ne se déroulent pas sur l'ensemble de la piste, mais sur un tracé raccourci d'environ un kilomètre. En course, le meilleur temps se situera vers les 5'20'') : « Je suis vraiment content d'être ici, j'avais gardé un bon souvenir de la piste et de l'organisation lorsque j'avais couru il y a deux ans, et grâce à Antoine Morel, j'ai eu une belle opportunité de pouvoir revenir. Signer la pole avec une des autos les plus lourdes du plateau, c'est déjà encourageant, maintenant pendant la course, à nous d'être efficaces sur la distance et la durée. Nous avons une équipe de pilotes homogène, et pour l'instant tout s'annonce bien » déclarait Cyril Despres.

Les deuxième et troisième temps absolus ont été signés par des habitués de l'épreuve. Le n°22 (Andrade-Duplé-Morize-Beaujon) partira sur la première ligne à côté du n° 26, tandis que le buggy Sodicars n°1 de l'équipage vainqueur en 2018, Boutron-Billaut-Fouquet, a signé le troisième chrono.

 
Un départ chaud, chaud, chaud

A 16 heures précises, le départ de cette 27e édition des 24 Heures Tout Terrain de France est donné : tandis que Cyril Despres, le pole man, laissait tranquillement dépasser quelques « lièvres », puis se contentait de suivre le train rapide du SSV n° 9, les premiers leaders s'arrêtaient avant la fin de la première heure : le proto 4X4 n° 2, piloté alors par son concepteur-pilote Michael Caze, perdait de l'huile et rentrait au stand avec un bruit inquiétant.

Quant au n° 40, lui aussi un Caze-Nissan de l'équipe Corse'R, qui roulait en tête depuis le départ, il cassait un cardan, s'arrêtait à son stand mais ne perdait finalement qu'une dizaine de minutes. Même s'il était tombé dans les dernières places, il pouvait alors entamer une belle remontée.

Le Can Am de l'équipe belge Mercer Racing, portant le n°9 prenait alors la tête de course.


Le point après quatre heures de course

Après la grosse chaleur de l'après-midi, une certaine fraicheur prenait enfin place, le soleil déclinait doucement. Mais sur la piste, le rythme restait intense : les SSV imposaient leur cadence. On a ainsi assisté à une belle bagarre pour la troisième place entre les Can Am X3 n° 20 et n° 7. Sur le n° 20, c'est l'ancien champion de France des rallyes sur terre Thomas Privé qui avait pris le départ, avant d'être relayé par son oncle Reynald Privé, un « vétéran » des 24 Heures.

Solidement installé à la deuxième place, l'Optimus du team MD Rallye Sport, sur lequel Dominique Laure avait relayé Cyril Despres, poursuivait tranquillement son tableau de marche en évoluant environ à une ou deux minutes du leader. Celui-ci était toujours le Can Am n° 9 du team Mercier, piloté par la triplette franco-belge Guyette-Mercier-Fourmaux Mais l'on sait que ces petits SSV n'emportent qu'une quantité limitée de carburant, et qu'un premier ravitaillement était programme après environ cinq heures de course. Tandis que l'Optimus construit pour le rallye-raid, fort de ses 400 litres embarqués au départ, ne devait s'arrêter qu'une seule fois à la pompe...

 
Une nuit mouvementée pour certains

Longtemps installé à la deuxième place, le buggy Sodicars-Nissan n° 1 des vainqueurs 2018 voyait sa ronde stoppée par un bris de boîte de vitesses. L'équipe n'en possédant pas de rechange, les pilotes n'avaient qu'une solution, rejoindre leurs lits. Problème de roulement de transmission aussi pour le n°22 de l'équipe Andrade, longtemps immobilisé dans son stand. Du côté du buggy MD Rallye Sport, les contrariétés se sont succédées. La voiture gagnante de l'Africa Race 2019 tombait d'abord en panne de carburant, la faute à une consigne mal transmise par une radio défaillante ; puis après avoir dû concédé une dizaine de minutes, soit deux tours, elle perdait ensuite son capot arrière. Enfin Cyril Despres, en pleine remontée, effectuait un tonneau, obligeant l'équipe à re-scotcher sérieusement la carrosserie. « On apprend, » concluait positivement Antoine Morel, le team-manager.

 
À huit heures, du matin, le podium provisoire était donc assez inattendu, avec en troisième position le très régulier équipage letton Igor Skoks-Rudolfs Skoks-Arvis Pikis, sur leur inusable Mitsubishi Pajero n° 15 préparé il y a deux décennies pour le rallye-raid. La deuxième place était occupée par le Can Am X3 du Pinch Racing de Xavier Alibert-Laurent Guillot-Joël Labille. Enfin, avec sept tours d'avance, soit plus d'une demi-heure de marge, le Can Am n° 9 de l'équipe belge Mercier Racing caracolait toujours en tête. « Aucun souci depuis le début, » expliquait Pascal Mercier le pilote-team manager. « On essaye de ne pas faire souffrir la machine, et nos relais à trois pilotes s'effectuent sans fatigue. »

 
À quatre heures de l'arrivée, on croise les doigts !

Les écarts entre les premiers étant conséquents, les positions de tête semblent actuellement figées. Aussi, dans les stands des prétendants au podium, on croise les doigts. Car on n'est jamais à l'abri d'un ultime coup de théâtre.

Roulant toujours comme une horloge, ne s'arrêtant que pour les changements de pilotes, de pneus et les ravitaillements (lesquels ont lieu toutes les trois heures environ), le Can Am n° 9 de l'équipe Mercier Racing se rapproche petit à petit à l'exploit. Car à ce jour, aucun SSV ne l'a encore emporté au classement général scratch. Rappelons que ces petits engins, souvent à moteur de motos et transmission CVT par courroie, sont apparus aux 24 Heures Tout Terrain de France en 2012.

Entre le deuxième, le SSV n° 12 du team Autosport Compétition qui participe pour la première fois aux 24 Heures, et le troisième, toujours le Mitsubishi Pajero « proto » des lettons Skoks-Skoks-Pikis, l'écart est de sept tours : autant dire irrattrapable à la régulière. Parti de la 27e place, après des essais bien discrets, le Mitsubishi a fait preuve d'une belle fiabilité, ce qui l'a hissé à cette troisième marche (provisoire) du podium.

Arrêté très rapidement en début de course suite à une fuite d'huile causée par un défaut d'étanchéité du circuit d'huile, le Tomawak-Caze n° 2 était classé 63e après la première heure de course. La nuit n'a pas été exempte de problèmes, avec un cardan cassé, un souci de renvoi de sélecteur de vitesse, mais finalement cette auto très véloce est remontée à la huitième place. Et cerise sur le gateau le très rapide Jérémy Warnia a profité de la fraicheur des premières heures de la matinée pour fixer le record du tour en 5'34''267, soit à la moyenne de 79,6 km/h.

Ce trio 9-12-15 restera indétrônable jusqu'à ce que le drapeau à damier vienne coiffer leur capot au terme de 24 heures d'une cadence soutenue.

 

En 1993 naissaient les 24H Tout Terrain de France : alors que les teams « usine » Toyota-Land Rover-Mitsubishi-Nissan alignaient des 4x4 de pointe, les buggys, drôles de bolides au châssis tubulaire, venaient s'essayer à l'endurance tout terrain. 4 ans plus tard, le premier buggy alors piloté par Stéphane Peterhansel, signait enfin une victoire (1996). Puis en 2012, les buggys et 4x4 voyaient débarquer de drôles de petits engins légers et fragiles pour ce type de discipline, les SSV. Très rapidement, leur préparation s'est adaptée aux exigences de ces pistes. Les 24H Tout Terrain de France 2019 verront un nouveau tournant, le premier SSV remportant l'épreuve pour un nouveau chapitre de cette course hors-normes.

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